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- Sur
cette page : La Fibrargile, article technologique de
Piet Reijnen
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La
FIBRARGILE
par
Piet Reijnen
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- Cet
article technologique est proposé par Piet
Reijnen,
professeur
de céramique industrielle à la retraite
et président d'une Association loi de 1901
"L'Atelier de la Céramique", dont le
siège social est à
Trémoulède (24620 Les Eyzies - FRANCE).
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- Contact
:
- L'ATELIER
DE LA CERAMIQUE
- ASSOCIATION
1901
- Siège
Social, Trémoulède, 24620 Les
Eyzies.
- Tél:
00-33-(0)5 53 06 92 47 et 00-33-(0)9 77 79 89
40
- Portable
0628348225
- Atelier
de moulage artistique : Trémoulède 24620
Les Eyzies.
- Atelier
de céramiques, réfractaires, fours : ZA,
46300, Le Vigan.
- E-mail
: atceram@wanadoo.fr
- Site
: http://atelceram.free.fr
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fibres
papier, argile papier, fiberclay, sculpture,
modelage, materiel ceramique occasion, vente
materiel ceramique, atelier a vendre, four
ceramique occasion, vente tour de potier,
four electrique ceramique, four gaz
ceramique, four a emaux, crouteuse
occasion
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- Applications
techniques de terres ou argiles auxquelles on ajoute
des fibres finement dispersées.
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- Le
renforcement de matériaux en incorporant des
fibres est une technique largement répandue
dans beaucoup de domaines. Dans les bétons et
les plâtres on ajoute des fibres
polypropylène ou polyacrylonitrile (PAN) pour
augmenter la résistance à la traction.
Dans les résines polyester et époxy on
incorpore des fibres de verre. Les fibres d'aramide
servent à renforcer des caoutchoucs et pneus.
Les fibres végétales, plus
particulièrement le chanvre servent à
renforcer les plastiques et le
plâtre.
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- Cependant
je n'ai pas entendu parler beaucoup de fibres dans les
pâtes céramiques, pour améliorer
les propriétés mécaniques du
tesson en cru. C'est quelque part logique puisque les
céramiques développent leurs
propriétés mécaniques pendant la
cuisson.
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- Il
y a trois exceptions, peut-être en existe-il
d'autres :
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On connaît depuis des millénaires le
torchis (dans certaines régions on parle aussi
de pisé), un mélange de terre et de
paille hachée. On peut ajouter aussi du crottin
de cheval, d'âne, de lama, etc., ce qui
correspond également à un ajout de
fibres végétales. Puisque le torchis
n'est pas cuit et sert à faire des murs
d'habitats, les fibres végétales servent
à renforcer l'argile sèche, à
diminuer le retrait au séchage.
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Il est à noter aussi que dans la technique
ancestrale de la cire perdue, on utilise comme
potée de l'argile avec de la chamotte et du
crottin de cheval pour empêcher la fissuration
pendant le séchage.
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Ensuite, un mélange d'argile et papier (fibres
cellulosiques) peut être utilisé comme
pâte à modeler. Dans ce cas aussi les
fibres renforcent et diminuent le retrait, sans pour
autant empêcher complètement le retrait.
Après cuisson, la porosité est
élevée, la résistance
mécanique est faible. Ceci est
intéressant pour faire des réfractaires
poreux et isolants, surtout connus sous le nom "
Paperclay ".
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- L'incorporation
de fibres dans des pâtes céramiques a des
avantages considérables surtout dans le domaine
des arts plastiques, mais aussi pour les pratiques
industrielles. C'est surprenant que la
communauté céramique soit passée
à côté.
- Pour
combler cette lacune, je donne dans cet article
quelques applications prometteuses pour l'industrie et
l'artisanat céramique.
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- Quelles
fibres peut-on incorporer ?
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- 1)
La laine de verre et la laine de roche. Ces fibres
sont faciles à disperser, bon marché et
compatibles avec la céramique. La laine de
verre a l'inconvénient d'être
lessivée par l'eau présente dans la
pâte et les fibres de verre perdent après
un certain temps leurs propriétés, elles
sont pratiquement dissoutes. Pour cette raison j'ai
fait mes premiers essais surtout avec des flocons de
laine de roche (taux 4%), beaucoup plus
résistante à l'eau. Ensuite j'ai
également abandonné la laine de roche,
quand j'ai trouvé que les fibres PAN sont
beaucoup plus efficaces et même plus
économiques.
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- 2)
Les fibres de verre utilisées dans les
composites. On peut les acheter sous forme de fibres
courtes ou fibres broyées. Pour modifier les
pâtes de porcelaine, elles conviennent
parfaitement. Pour empêcher la formation de
fissures dans une croûte céramique
modelée sur un noyau dur, il faut une teneur de
fibres de 1 à 2 %.
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- 3)
Les fibres végétales, plus
particulièrement les fibres de chanvre, qui
sont très solides. Le problème c'est de
trouver de la laine de chanvre avec des fibres courtes
et sans morceaux de bois. J'ai fait des essais avec
des fibres obtenues en coupant du jute et aussi en
triant du chanvre brut. L'intérêt pour
ces fibres est surtout pour fabriquer des
réfractaires. Un mélange d'argile, de
farine de bois et de fibres végétales
bien dispersées, permet d'obtenir des blocs qui
prennent peu de retrait au séchage et donne des
réfractaires poreux après cuisson. Dans
ce cas spécifique la laine de roche ne convient
pas, elle va diminuer la résistance
pyroscopique du réfractaire. Par contre les
fibres céramiques (kaowool) conviennent
parfaitement pour fabriquer des réfractaires
poreux et isolants. C'est la base du
réfractaire AC (voir le site http://atelceram.free.fr).
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- 4)
Les fibres synthétiques qui sont faciles
à disperser dans l'eau sont à base de
polypropylène ou polyacrylonitrile (PAN). Dans
le commerce on les trouve facilement sous forme de
fibres hachées de taille variable (3 à
24 mm). Elles sont utilisées dans les
bétons et les plâtres (dosage 1000 gr
pour 1 m cube de béton). Les fibres sont tenues
ensemble avec une colle qui se dissout facilement dans
l'eau et ensuite les paquets de fibres se dispersent
facilement. De toutes les fibres que j'ai
essayées, elles sont de loin les plus efficaces
et malgré leur prix élevé,
l'utilisation de ces fibres est le plus
économique (prix de 10 à 50 Euro le kg,
selon la quantité et le fournisseur ). Une
teneur de 2 pour mille de fibres PAN dans une
pâte de terre est suffisante pour empêcher
la formation de fissures d'une croûte de terre
modelée sur un noyau dur.
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- Expériences
:
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-
- Plusieurs
types de fibres ont été
utilisés pour voir si on peut
empêcher la formation de fissures.
La photo 1 montre l'organisation des
essais. La pâte est modelée
autour des bouts de bois cloués sur
une planche. Au séchage, vers la
fin, très souvent des fissures
apparaissent. Seulement avec 1% de fibres
de verre et avec 0,2 % de fibres
polyacrylonitrile (PAN) il était
possible de sécher
complètement la pièce sans
fissuration
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(Voir
photo 1 : Essais de retrait au
séchage pour des argiles contenant
des fibres à taux variables: laine
de roche, fibres de verre, fibres PAN
).
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- Photo
1
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- Un
autre essai très probant, consiste
à mettre une croûte de terre
sur un grand bol céramique mis
à l'envers sur une planche. La
pâte avec 1 % de fibres de verre
était fissurée après
séchage, par contre avec 0,2 % de
fibres PAN (longueur 4mm) la croûte
restait entière après
séchage complet
-
- (Voir
photo 2 : Fibrargile sur un bol
céramique après
séchage complet. Fibres PAN
).
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- L'argile
d'essai était l'argile de la
carrière Mangieu à St Denis
Catus dans le Lot. C'est une argile bon
marché, pas très plastique
(mélange d'illite et de quartz).
- Cette
pâte aux fibres se comporte donc
comme une pâte à modeler.
J'en ai mis une boule autour d'un bout de
bois et je l'ai laissée
sécher. Avec les bonnes fibres et
un dosage suffisant l'argile sèche
sans fissures. Ensuite j'ai
enfourné l'ensemble, le bois a
brûlé, la pièce
céramique creuse était
saine.
On
peut se demander si les fibres ont
empêché le retrait au
séchage. Ce n'est pas sûr,
puisque une plaquette de la même argile
sur une planche lisse ou sur une feuille en
plastique prend bien un peu de retrait, 3
à 4 %.
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- Photo
2
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- Voici
l'explication :
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- En
perdant l'eau par évaporation, les particules
d'argile dans une pâte à modeler veulent
se rapprocher par force capillaire ce qui se traduit
par un retrait de séchage qui est de l'ordre de
3 à 5%. La force capillaire n'arrive pas
à faire rapprocher les particules si l'argile
est tenue mécaniquement sur son support. Par
déformation plastique, l'argile peut
éviter la rupture au début de
séchage, mais au fur et à mesure que
l'eau s'évapore, la plasticité diminue
et il arrive un moment où la chaîne de
particules casse à l'endroit le plus faible.
- Pour
un grand bloc d'argile, il faut sécher
très lentement pour que l'eau ait le temps pour
diffuser vers la surface. Il faut toujours maintenir
peu de différence d'humidité entre
l'extérieur et l'intérieur du bloc. Si
on sèche trop vite, l'argile se fend en
surface.
- Pour
cette raison on ne peut pas modeler une argile
directement sur du bois ou sur une ossature solide,
sinon la croûte va se fissurer en cours de
séchage.
- Le
sculpteur mouille son travail au moment où il
s'arrête à travailler et protège
le sujet contre le séchage avec un sac en
plastique. Tout cela est bien connu, mais en utilisant
une argile contenant des fibres, la situation change
complètement.
-
- En
présence des fibres, la formation
d'une fissure est nettement moins
probable. Le système doit fournir
un travail pour arracher les fibres qui
sont enrobées par l'argile. Par
contre, dans le même bloc, l'argile
peut toujours prendre du retrait librement
dans les directions où l'argile
n'est pas sous traction et la diminution
du volume aura bien lieu.
- Prenez
le cas d'une boule d'argile autour d'un
bois. Dans la direction perpendiculaire au
bois, l'argile peut prendre du retrait,
mais dans la direction parallèle au
bois, l'argile est sous traction et les
fibres empêchent la fissuration. Il
y aura diminution de volume, mais il n'y
aura pas de fissures.
-
- (Voir
photo 3 : Schéma expliquant le
mécanisme de retrait au
séchage sans provoquer des
fissures, si la fibrargile est
posée sur un noyau dur).
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- Photo
3
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-
- La
quintessence de ce phénomène et son
application risque de bouleverser les habitudes des
sculpteurs, des fondeurs d'art et des
céramistes.
-
- J'ai
fait plusieurs modelages sur une ossature pour en
faire la démonstration.
- J'ai
rendu cette ossature très solide, car elle doit
porter toute la masse d'argile. On peut ajouter des
boîtes de conserves ou de canettes de
bière à l'intérieur, mais dans ce
cas il faut mettre deux ou trois couches de carton
autour la boîte, puisque la pièce va
prendre du retrait au four.
- On
peut travailler sur des fils de fer avec du papier
autour, mais il faut prendre des tiges solides.
- Le
mieux est de donner une première forme à
cette ossature en y ajoutant de la pâte à
papier (papier mâché) ou paperclay
très riche en papier. Dès que la
pâte à papier est devenue assez solide
pour porter l'argile, on met une couche d'argile de 20
à 30 mm. En travaillant ainsi, 0,1% de fibres
PAN (Polyacrylonitrile) dans l'argile est suffisant
pour éviter les fissures. J'ai pris l'habitude
de doubler la dose pour être sûr dans
toutes les circonstances. Puisque l'argile
posée sur la pâte à papier peut
prendre quand même un peu de retrait, cette
méthode de travail est la meilleure et la plus
sûre, et en plus facile à
réaliser.
- Il
est évident que vous ne pouvez pas commencer
à modeler sans savoir où vous allez. Le
mieux est de faire une maquette du travail final en
argile ou en cire pour étudier les volumes et
les mouvements de la sculpture. Ce modèle vous
permettra de faire une ossature appropriée.
-
- Une
fois le travail terminé, on laisse
sécher le modelage pendant plusieurs jours
avant l'enfournement. Dans le four, le bois et papier
à l'intérieur brûlent et vous
obtenez une pièce unique en céramique,
même avec des formes les plus complexes.
- Photo
4 : Avant de faire une ossature en bois, il convient
de faire une petite maquette rapide pour
déterminer la position des bois. Modèle
en cire, permettant de concevoir la carcasse en bois
et papier mâché
- Photo
5 : Tête modelée en fibrargile sur une
boîte de conserves avec du carton
autour
- Photo
6 : Poisson modelé sur du bois
- Photo
7 : Poule sur bois et fils de fer, enrobé avec
du papier
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-
- Une
autre possibilité étonnante de la
fibrargile est de pouvoir faire un estampage à
l'intérieur d'un moule en
élastomère, avec des contre
dépouilles. J'ai fait une croûte de 1
à 2 cm, après séchage le
démoulage est facile et toujours pas de
fissures (Voir Photo 8).
-
- Souvent
le sculpteur fait un modelage en terre pour
réaliser ensuite un plâtre d'atelier par
moulage en creux perdu. Ce plâtre peut servir
pour faire un moule en
élastomère.
- Si
le sculpteur travaille avec une argile contenant des
fibres il peut sécher et cuire un modelage
à basse température, pour le mouler
ensuite en RTV (Élastomère), c'est une
méthode beaucoup plus directe.
-
- Une
autre pratique courante avec de la terre à
modeler est de découper le travail en deux puis
creuser l'intérieur et recoller les deux
parties pour obtenir un objet creux et éviter
la fissuration pendant la cuisson. Ce n'est plus
nécessaire en utilisant directement la nouvelle
argile sur une ossature en bois et papier.
-
- On
peut même faire un crépi avec la
fibrargile, de préférence sur des murs
à l'abri de pluie. Des ajouts de chaux et
ciments peuvent être envisagés pour que
le crépi soit plus résistant à
l'eau. Pour des constructions en blocs de paille cette
application est très
intéressante.
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-
-

-
- Photo
8 : Bas reliefs obtenus par estampage de fibrargile
dans un moule en
élastomère.
- Après
séchage sans retrait, la sculpture
moulée peut être libérée du
moule
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- BARBOTINE
à COULER :
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- Le
coulage en barbotine d'objets creux d'une forme simple
ne pose pas trop de problèmes. Il faut tout de
même savoir comment préparer une
barbotine et comment pouvoir corriger et tester le
degré de défloculation. Dans l'industrie
ce procédé est bien
maîtrisé, mais peu de potiers osent s'y
mettre. Des mélanges de terres et chamottes qui
sont très peu plastiques ne se prêtent
pas au coulage, dès que le retrait commence, en
absence de plasticité, la pièce
fêle dans le moule. On peut améliorer la
plasticité en ajoutant une argile plastique
à la barbotine. Pour cette raison, la
pâte à couler dans l'industrie de
porcelaine ne contient pas seulement du kaolin comme
argile, mais aussi un peu d'halloysite, une terre
blanche particulièrement plastique assez rare
et donc relativement chère. La terre de la
carrière Mangieu dans le Lot contient
énormément de silice fine (quartz) et
elle manque de plasticité, cependant on peut
l'utiliser pour le coulage si on y ajoute au moins 10%
d'une argile particulièrement plastique. Le
coulage d'objets creux est relativement facile, la
pièce se libère des parois en prenant du
retrait. Par contre le coulage d'objets plats (bacs de
douche, bas reliefs) ou d'objets très
profilés sont beaucoup plus difficiles à
réaliser, très souvent l'objet est
fissuré dans le moule avant que le tesson
céramique soit libéré.
- Le
comportement au coulage s'améliore fortement si
on incorpore des fibres dans la pâte à
couler, mais il faut prendre des fibres courtes de 3
à 4 mm environ, pour garder un
écoulement correct de la barbotine. Notre
barbotine à base d'argile de Mangieu avec 0,2 %
de fibres PAN de 4 mm se comporte comme une merveille
au coulage, même pour des pièces
compliquées, puisque nous pouvons garder
l'objet plus longtemps dans le moule sans risque de
fissuration. Ensuite le tesson se libère
facilement des parois et a assez de consistance pour
que la pièce ne se déforme pas par
gravitation après le démoulage. Nous
conseillons vivement à tout ceux qui pratiquent
le coulage en barbotine de faire un essai.
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- POTÉE
pour CIRE PERDUE :
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- Dans
ce domaine l'ajout de fibres à une argile
permet de l'utiliser comme potée. Il existe
plusieurs techniques pour réaliser la carapace
réfractaire dans la fonderie de
précision. La plus sophistiqué
actuellement est l'utilisation de bains de barbotine
contenant des charges minérales comme la
mullite, l'alumine, le zircon, des aluminates et
autres avec un ajout de silice colloïdale.
L'objet en cire est trempé dans le bain pour
former la première couche,
éventuellement sous vide pour éviter que
de petites bulles d'air entre la cire et la couche de
barbotine diminuent la précision. Pendant le
séchage de cette première couche, la
silice colloïdale se fige. Ensuite on applique
d'autres couches pour arriver à une
épaisseur de 5 à 10 mm. Le
décirage à lieu dans un autoclave dans
lequel on injecte soudainement de la vapeur d'eau sous
pression à température
élevée, ce qui fait fondre la cire en
contact avec la carapace, mais le
procédé est tellement rapide que la cire
ne monte pas en température en totalité
dans son épaisseur (il existe donc un gradient
de température très élevée
dans la cire). Ainsi on évite que la dilation
de cire détruise la carapace. La
première couche de cire fondue
pénètre dans la carapace poreuse et
laisse la place pour que le reste de la masse de cire
puisse se dilater sans provoquer de
dégâts. Après cuisson à
température élevée (1100
°C), le moule protégé par des
fibres céramiques va recevoir l'acier
réfractaire en fusion. C'est le
procédé utilisé en fonderie de
précision pour l'aéronautique (Rolls
Roys, Thyssen Krupp, SNECMA, PCC, GE et
autres
)
- Ce
procédé est bien trop compliqué
pour le petit fondeur qui fait des bronzes artistiques
mais des fonderies d'art d'une certaine importance
commencent à l'utiliser.
- La
technique ancestrale encore appliquée dans des
pays traditionnels consiste à mettre une couche
d'argile sur la cire. On y ajoute des chamottes,
sûrement dans le but de diminuer le retrait au
séchage, mais aussi du crottin de cheval. Selon
mon opinion, l'apport de crottin signifie un apport de
fibres végétales qui empêchent la
fissuration de l'argile au séchage. Des fibres
végétales telles que la paille et le
foin sont trop grossières, mais dans le crottin
elles ont été
déchiquetées. Pour l'homme moderne,
cette recette ancienne fait sourire, mais finalement
les anciens avaient trouvé le moyen d'utiliser
l'argile comme potée.
- Les
petites fonderies d'art utilisent surtout le
plâtre comme potée. On y ajoute des
chamottes et éventuellement aussi de l'argile.
Un tel plâtre après prise et
séchage ne fissure pas à la cuisson
(autour de 700 °C). La cire est
complètement brûlée sans laisser
de traces à cette température et le
moule peut recevoir le bronze en fusion (La
température du four pour fondre le bronze est
autour de 1100°C).
- Le
plâtre cuit à 700°C n'est pas
très solide, parfois le fondeur renforce son
moule à l'extérieur avec un grillage
à poules. Dans d'autres fabrications on coule
le plâtre autour la cire sous vide, ce qui a
comme résultat un moule aux parois
épaisses.
- La
potée de plâtre présente plusieurs
inconvénients. Couler du plâtre sous vide
autour la cire signifie une consommation importante de
plâtre et un coût
énergétique élevé.
D'autres fondeurs font de petites gâchées
de potée et l'appliquent manuellement sur la
cire, mais il y un risque de bulles d'air entre la
cire et la potée qui se retrouvent plus tard
comme verrues sur le bronze.
- Je
propose ici une nouvelle potée,
économique et de grande qualité. Il
s'agit d'une barbotine d'argile (éventuellement
enrichie avec de la chamotte fine), à laquelle
on a ajouté 0,5 % de fibres PAN. J'ai
remarqué qu'une barbotine sans fibres a
tendance de ne pas mouiller complètement
l'objet en cire et qu'il faut utiliser un produit
tensioactif pour y arriver. Par contre, la barbotine
contenant des fibres couvre tout de suite la cire.
Pour la première couche j'utilise une barbotine
un peu plus fluide (davantage d'eau), c'est la couche
de fidélisation. Pour être sûr
qu'il n'y a plus de petites bulles entre cire et
barbotine il faut bien secouer l'objet ou masser avec
un filet d'air comprimé. Il faut que la
première couche ait une épaisseur de 0,5
à 1 mm, sinon votre barbotine n'est pas assez
épaisse. Laissez sécher, mais pas
complètement et trempez de nouveau. Pour la
troisième et quatrième couche j'utilise
une barbotine plus épaisse et j'arrive ainsi
rapidement à 5 mm d'épaisseur. Voir
photo 9.
- Après
séchage complet on fait fondre la cire à
120 °C. On cuit à 700 °C. Le
matériau céramique est nettement plus
solide que le plâtre cuit à 700°C
tout en étant bien perméable au gaz. Il
y a une grande ressemblance avec la technique de
carcasse à base de silice colloïdale
(bains stables, immerger la cire). Nous pouvons aussi
appliquer cette technique pour de la pâte de
verre et des résines avec une charge
minérale.
- Il
est à noter que le décirage peut
provoquer de petites fissures dans la carapace par la
dilation de la cire massive. C'est un problème
résolu dans l'industrie en utilisant de la
vapeur surchauffée injectée dans un
autoclave pour décirer les pièces. Nous
allons regarder de plus près ce
problème.
-
-
-
-

-
- Photo
9 : Fabrication d'un moule céramique pour
fonderie.
- Le
modèle en cire est trempé dans une
barbotine contenant 0,5 % de fibres
PAN.
- La
présence de fibres explique la très
bonne adhésion de la barbotine sur la
cire
-
-
- QUELQUES
RECETTES ET INFORMATIONS
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- 1)
Dispersez les fibres PAN dans l'eau avec un mixer
à grande vitesse. Ceci est seulement possible
avec des fibres courtes (3 à 4 mm), les fibres
longues (12 à 24 mm) seront prises autour
l'axe. Ajoutez cette dispersion de fibres à une
pâte de terre épaisse et continuer
à mélanger dans un pétrin. On
peut également ajouter la dispersion de fibres
à une barbotine épaisse qui se laisse
encore mélanger avec un mixeur à grande
vitesse. Dans ce dernier cas on laisse sécher
la barbotine épaisse sur une plaque de
plâtre afin d'obtenir une pâte à
modeler.
-
- 2)
Pour faire une structure sur laquelle on peut modeler,
il convient de faire d'abord une maquette (1 sur 10)
en argile ou en cire. Ensuite vous vissez les bois sur
une planche par le dessous. Ajoutez
éventuellement des boîtes de conserves
fixées avec des scotchs pour faire du volume.
Bourrez avec du papier et carton. Ajoutez du papier
mâché et approchez déjà la
forme finale. Laissez sécher plusieurs jours
par préférence en plein soleil. Ensuite
mettez une couche de pâte fibrargile assez molle
sur le papier mâché, épaisseur 2
à 3 cm en donnant déjà la forme
finale. Laissez sécher un peu et commencez
à fignoler, lissez avec un doigt
mouillé, laissez sécher
complètement. Une fois sèche, la
fibrargile est très solide et se laisse tailler
comme une pierre tendre. Vous pouvez émailler
avant d'enfourner. La planche de support est
enlevée en dévissant par en
dessous.
-
- 3)
Pour faire du papier mâché,
déchirez des journaux ou des annuaires et
laissez tremper dans beaucoup d'eau. N'utilisez pas de
papier glacé. Faites-le dans un grand fait-tout
et chauffez pour accélérer le
déchiquetage. Mélangez avec un mixeur de
cuisine (bâton de cuisine) pour obtenir une
soupe épaisse. Ensuite on laisse
égoutter. Cette pâte assez fine,
s'étale facilement.
-
- 4)
Des stages seront organisés dans le Lot et en
Dordogne pour apprendre toutes les techniques (moules
en RTV, estampage, fabrication de carcasses et
modelage, émaillage et cuisson, roto moulage de
cires et moules pour cires perdues, etc.) Il y des
gîtes et campings dans la région.
Consultez de temps en temps notre site pour les
détails de l'organisation et manifestez
déjà votre intérêt pour
participer.
-
-
- FOURNITURES
:
-
- Fibres
PAN de 4 mm. Vous avez besoin de 2 g de fibres pour 1
kg d'argile sèche pour faire une pâte
à modeler et une barbotine à couler.
Vous avez besoin de 5 g de fibres par kg d'argile pour
faire une barbotine pour la carapace dans le
procédé " cire perdue "
-
- Ces
produits sont commercialisés par " L'Atelier de
la Céramique ", Trémoulède 24620
Les Eyzies, et l'Atelier céramique - ZA - 46300
Le Vigan.
-
- Contacts
:
- Site
: http://atelceram.free.fr
- E-mail
: atceram@wanadoo.fr
-
-
- DENOMINATION
et PROPRIETE INDUSTRIELLE :
-
- Je
propose les noms suivant pour une argile
modifiée contenant des fibres :
-
- -
Français : FIBRARGILE
- -
Allemand : FASERNTON
- -
Anglais ; FIBERCLAY
- -
Néerlandais : VEZELKLEI
-
- Et
des noms similaires dans les autres
langues.
-
-
-
-
- "
Un brevet après publication n'est plus possible
et j'offre gracieusement le procédé
à tous les artistes et artisans de l'art
plastiques ainsi aux PME de la céramique
"
-
-
- Piet
Reijnen
- Publication
novembre 2008
-
- Professeur
de céramique industrielle à la
retraite
- Président
de Association 1901 " L'Atelier de la Céramique
, siège social à 24620 Les Eyzies,
Atelier à 46300 Le Vigan.
- Site
: http://
atelceram.free.fr
- E-mail
: atceram@wanadoo.fr
-
-
-
-
-
-
- Smart.Conseil
le
site dédié aux passionnés de
céramique
- Envoyez-nous
vos articles, documents et photos sur la
céramique à smart2000@wanadoo.fr
-
- Smart.Conseil
- FRANCE sur http://perso.wanadoo.fr/smart2000/
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textes et les photos restent la
propriété de leur auteurs, ils ne
peuvent être réutilisés sans un
accord préalable. Nous
consulter.
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